Iphigénie ou le Péché des dieux (Michel Azama)

   Michel Azama écrit dans son Introduction à Iphigénie ou le Péché des dieux (Éditions Théâtrales, 1991) :

   « Avec Iphigénie, cette armée qui attend de partir à la guerre, c’est une fois de plus toutes les épées de Damoclès suspendues au-dessus de la tête de l’humanité. Que ce vieux mythe soit toujours aussi neuf, quelle lapalissade !

   Envahir un pays – accomplir un génocide – exécuter la jeunesse au son d’hymnes patriotiques... Les dieux eux-mêmes ne sont pas absents de nos guerres des étoiles : Dieu chrétien – Dieu juif – Dieu musulman [...]

   Je n’ai pas écrit une énième adaptation d’Euripide, mais un texte pour la jeunesse d’aujourd’hui, que ça passionne, contrairement à ce qu’on nous raconte [...]

   Le Théâtre ne change rien au monde. Puisse-t-il continuer longtemps d’interroger quelques consciences. »

   Michel Azama fait peut-être allusion ici à un passage de la scène 6 de l’acte IV de l’Iphigénie de Racine (1674) où les Grecs attendent que les dieux envoient des vents favorables pour embarquer vers Troie, à condition que le roi Agamemnon sacrifie sa fille Iphigénie. Achille, qui aime la jeune fille, vient d’apprendre cette terrible nouvelle et interpelle son père : « Ah ! je sais trop le sort que vous lui réservez. » Agamemnon répond : « Pourquoi le demander, puisque vous le savez ? [...] / Plaignez-vous donc aux Dieux qui me l’ont demandée... »  

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