Cateau la borgnesse   Avec Louis XIV, la galanterie n'attend pas le nombre des années... Il mord les seins de ses nourrices (il serait né avec deux dents) que l'on ne peut garder longtemps. Elisabeth Ancel peut l'allaiter trois mois, puis c'est le tour de Perrette Dufour.   

   Très jeune,  le futur roi fait le polisson sous les jupes des dames qui, on le sait, ne portent rien dessous. A 12 ans, il s’intéresse à une « vieille » de 35 ans, la maréchale de Schomberg, l’ancienne Marie de Hautefort, amour platonique de Louis XIII. Sa mère Anne d’Autriche met le holà. 

   Mais bon, il faut bien déniaiser le futur roi ! Les paris sont pris, on se pousse, on se presse, on se décollette, on s’évente, on montre son mollet…   

   Eh bien, eh bien ! Voilà celle qui l’emporte : une « très vieille » de 40 ans, la baronne de Beauvais, surnommée « Cateau la borgnesse ». C’est du moins ce que nous conte la princesse Palatine – sa future belle-sœur - dans ses Mémoires : elle aurait « appris au roi comment il faut agir avec les dames. » 

   Il a 15 ans et s’en donne à cœur-joie. On cite Lucie de La Motte-Argencourt, Mlle de Marivaux, et bien d’autres. Mais Mlle de Navailles, responsable des demoiselles d’honneur, veille et fait placer des grilles aux fenêtres afin que Louis, nuitamment, ne puisse enflammer la chambrée piaillante d'excitation.

   Louis est en colère. Que faire ? Mazarin appelle ses nièces à la rescousse. La première histoire d’amour de Louis XIV va commencer. 

   Il aimera quelques femmes et en troussera une ribambelle, comme son grand-père Henri IV. Le gène de la galanterie a sauté une génération…

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